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Biotechnologie et Biosécurité : Des experts nationaux en conclave à l’INP-HB.


La Commission nationale du Développement durable (CNDD) en liaison avec le Programme régional de Biosécurité de l’UEMOA a organisé du 14 au 15 décembre 2011, à l’amphithéâtre Adou Jean- Jonas de l’INP-HB de Yamoussoukro, un atelier d’information et de sensibilisation sur la biosécurité et la biotechnologie moderne.


« Rendre suffisamment accessible l’information sur les avantages et les inconvénients relatifs à la biotechnologie moderne, sensibiliser les décideurs politiques et les acteurs de la société civile ivoirienne sur la situation nationale en matière de biotechnologie moderne en vue de favoriser la prise de mesures idoines, efficaces et durables de préventions sur des risques éventuels de cette question environnementale ». Tels sont les objectifs visés par la Commission nationale du Développement durable (CNDD) du ministère ivoirien de l’Environnement, des Eaux et Forêts en organisant ces présentes assises de réflexion à l’INP-HB.

Présidé par le préfet de Région des Lacs, Préfet de Yamoussoukro, André Ekponou Assoumou, l’atelier a enregistré plusieurs communications qui ont meublé ces deux jours de conclave sur les questions environnementales liées à la biosécurité et à la biotechnologie. La communication présentée par Dr. Désiré Pokou, chef de programme biotechnologie du Centre national de recherches agronomiques (CNRA) a porté essentiellement sur les biotechnologies modernes. Cet expert agronome a défini dans son exposé, la notion de biotechnologie, indiqué ses divers champs d’application et inventorié in fine les avantages et les inconvénients de cette notion.

Selon lui, la biotechnologie peut être définie comme « toutes sciences biologiques qui utilisent des organismes ou leurs parties pour fabriquer, modifier des produits ou pour améliorer des plantes, des animaux ou des micro-organismes ». Il a pris soin de préciser que « la biotechnologie moderne se compose de la génomique, de la culture cellulaire et du géni-génitique ». Poursuivant son exposé, Dr. Désiré Pokou a indiqué aux séminaristes que « la génomique traite entre autres des questions des contraintes de la sélection, des interactions génotypes-milieu, de l’hérédité polygénique et de la biologie des organismes ». Et de souligner s’agissant de la culture cellulaire, qu’elle concerne à la fois, la fusion des protoplasmes, la culture de cellules spécifiques, la culture des cellules souches, la multiplication in vitro et le clonage. A propos du « géni génétique », Dr. Pokou a fait remarquer qu’il consiste à développer les caractères de types gènes à phénotypes.

Dr. Désiré Pokou a terminé sa communication en mettant en exergue les avantages et les inconvénients des biotechnologies modernes. « Comme avantages, on peut retenir la réduction des doses de pesticides avec un gène de résistance, l’utilisation d’herbicide dans certaines cultures, le clonage, l’amélioration du niveau de résistance aux maladies et aux ravageurs, pas de barrière taxonomiques, production en masse de métabolismes. Et comme les inconvénients, on peut évoquer les risques de pollution de l’environnement, l’insuffisance de connaissance de l’expression du gène chez tous les organismes et les problèmes éthiques liés aux OGM », a-t-il laissé entendre.

La seconde communication qui a porté sur « le protocole de Cartagena », a été animée par Augustin Koné, point focal national du Centre d’Echanges pour la prévention des risques Biotechnologiques (CEPRB). Il a rappelé aux auditeurs que «le Protocole de Cartagena adopté le 29 janvier 2000 dont l’objectif » vise à «protéger la diversité biologique des risques potentiels posés par les Organismes vivants modifiés résultant des biotechnologies modernes ». Et de révéler que pour plus d’efficacité et pour une meilleure circulation de l’information le « protocole de Cartagena » a mis au point un centre d’échange pour la prévention des risques biotechnologiques dans l’optique de faciliter l'échange d'informations sur les organismes vivants modifiés et aider in fine les pays dans la mise en application de ce protocole.

Le point focal Koné a conclu son exposé en exhortant les décideurs politiques ivoiriens à passer à l’action : « Le temps des tergiversations est terminé. Nous devons maintenant nous rendre à l’évidence que les OGM sont bel et bien à nos frontières pour ne pas dire qu’ils sont déjà là. Matérialisons donc avec beaucoup de diligence toutes nos perspectives afin d’éviter à notre pays un autre syndrome semblable à celui du « Probo Koala ». D’autres communications comme « la notion de biosécurité », « le cadre national de biosécurité », « le mécanisme de diffusion de l’information au niveau national » et « le programme régional de biosécurité de l’UEMOA » ont été présentées aux auditeurs composés essentiellement des membres de la société civile, des agents du ministère de l’Agriculture et des Eaux et Forêts.

La Direction générale de l’INP-HB a pris une active dans cet atelier de réflexion par la qualité des interventions de ses enseignants-chercheurs et surtout par la présence effective du Coordonnateur du secrétariat général, Paul Bessekon Akpo ayant représenté le Directeur Général, Dr. Koffi N’Guessan. Il a, au nom de ce dernier, salué l’heureuse initiative, et plaidé qu’un tel atelier de formation et de sensibilisation soit bénéfique pour une meilleure vulgarisation de la biotechnologie en Côte d’Ivoire.

Rappelons que cet atelier de formation est co-organisé par l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine) et le ministère ivoirien de l’Environnement et des Eaux et Forêts. C’est un programme régional de biosécurité pour la promotion de la biodiversité. Il a pour objectif d’assurer « la protection de l’environnement sanitaire et socio-économique de l’espace UEMOA ». Ce programme concerne les Etats du Bénin, du Burkina-Faso, de la Guinée Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.


Hubert-Armand Assin